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InspirAction

InspirAction #6: Quartier Éphémère et Fonderie Darling

745, rue Ottawa, Montréal

1339

Visites sur la fiche

Recours à l’art comme usage transitoire

Publiée le : 03 octobre 2015

Dernière modification le : 21 novembre 2020

Utiliser le pouvoir de l’action artistique pour révéler le potentiel d’un lieu abandonné et catalyser les forces nécessaires à sa réhabilitation par et pour la collectivité.

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« L’édifice appartenait à la Ville et il était en ruine. Son sol était contaminé, ses fenêtres, explosées. Mais moi je me disais qu’on ne pouvait rêver mieux qu’un tel lieu pour des projets artistiques. J’ai demandé à la Ville de nous prêter l’édifice afin qu’on le restaure. Ils nous trouvaient complètement fous mais ils nous ont laissé faire. » Caroline Andrieux

3500

Superficie, en mètres carrés, consacrée aux arts visuels à la Fonderie Darling

10

Édifices vacants dans la région de Paris transformés en espaces de création par l’association Usines Éphémères

20

Superficie, en hectares, d’un hôpital vacant à Paris occupé par Usines Éphémères de 1990 à 1997

Histoire et enjeux du site

Vers la fin du 19e siècle, l’industrie métallurgique est florissante et le faubourg des Récollets se transforme en quartier industriel où les entrepôts et les fonderies se multiplient. Les activités industrielles générant une certaine insalubrité, les résidents délaissent progressivement le quartier. À la fin du 20e siècle, ce sont les industries qui quittent une à une le quartier, laissant ainsi vacants leurs nombreux bâtiments dont plusieurs sont démolis pour créer d’immenses terrains de stationnement. Témoin de l’histoire industrielle de Montréal et de ses vastes quartiers ouvriers, le faubourg des Récollets devient alors un quartier fantôme dont les bâtiments dépérissent lentement dans l’attente de leur démolition. La fonderie Darling est l’un d’eux.

Mise en contexte et intervention

Au milieu des années 1990, le ministère de la Culture du Québec invite Caroline Andrieux, une artiste française, en vue de résoudre le problème des nombreux bâtiments vacants à Montréal. Cette artiste cofondera l’association Quartier Éphémère dans un ancien entrepôt adjacent au Vieux-Port de Montréal, prêté gratuitement par la Ville en échange de son occupation, de son animation et de son entretien. Cette association se donnera pour mandat de créer des projets artistiques dans le secteur délaissé du faubourg des Récollets.

En 1997, les membres organisent l’événement Panique au Faubourg visant à remettre en valeur tous les bâtiments du secteur grâce à un parcours artistique. Les artistes, toujours à la recherche de lieux de création et de diffusion, découvrent ce quartier vacant qui cherche à renaître. Après avoir révélé le potentiel de la fonderie Darling grâce à une œuvre de Claude Lévesque, Quartier Éphémère apprend que le bâtiment doit être démoli. L’association demande alors à la Ville de Montréal, propriétaire du bâtiment, de leur accorder un an pour développer un projet pour le site. Quartier Éphémère occupera la fonderie en y installant une roulotte de chantier durant l’an 2000.

Le groupe réussira ultimement à réunir suffisamment de partenaires et de ressources pour rénover la fonderie Darling, en faire son quartier général en 2006 et transformer le site en un pôle de création et de résidences artistiques

Impact

La fondation du Quartier Éphémère, la reconversion de la fonderie Darling ainsi que les nombreuses activités artistiques qui y eurent lieu ont marqué l’imaginaire et fortement influencé la perception et l’évolution du faubourg des Récollets. Réalisée dans sa globalité, la Fonderie Darling offre aujourd’hui 3500 mètres carrés d’espaces consacrés aux arts visuels. Ce complexe unique constitue un outil exceptionnel pour le rayonnement de la culture à Montréal, au Québec, au Canada et dans le monde entier.

Leçons

L’art a ici permis de révéler le potentiel de bâtiments abandonnés et voués à la démolition, et de les transformer de manière éphémère ou transitoire. Avant son arrivée à Montréal, Caroline Andrieux a cofondé en France l’association Usines Éphémères, qui a participé à la réhabilitation d’une dizaine de bâtiments vacants de tailles diverses dont un hôpital de 20 hectares sur la butte Montmartre à Paris. Un cas inspirant pour les multiples hôpitaux et ensembles institutionnels actuellement vacants à Montréal.

  • Municipalité ou arrondissement

    Ville-Marie

  • Propriétaire(s)

    Privé: OBNL (emphytéote)

  • Conception

    J.R. Gardiner, architecte (premier bâtiment en 1880 et second en 1888) T. Pringle & Son, ingénieurs (nouvelle fonderie, 1918)

  • Responsable(s)

    Quartier Éphémère et Ville de Montréal

  • Catégorie(s)

    Culturel

    Industriel

  • Année de construction

    1880

  • Statuts de reconnaissance

    Immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle; Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle – Griffintown (Prince et Ottawa)

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